L’Art Royal

Texte issu de la source suivante: http://spiritualites.fr/alchimie/lart-royal/

L’alchimie est la pratique de l’Art Royal. Pourquoi le dit-on Royal ? Parce que les alchimistes du moyen âge cherchaient dans l’opération alchimique, l’obtention ou la naissance du Regulus, ou petit roi, enfant du mariage symbolique du Soleil et de la Lune, germe de la pierre philosophale. Cette union symbolique des deux pôles, on la retrouve dans les noces chymiques de Christian Rosenkreutz. Elle figure le mariage intime des deux matières, c’est à dire du Soleil et de la Lune, du masculin et du féminin sacrés et sur un plan concret opératif, l’union de Mars et de Vénus. Cette union pour les alchimistes, aboutira à la production photo11d’un petit roi ou Regulus, et qui donnera naissance au processus de l’Art Royal.

L’alchimie est plus un art qu’une technique. Elle est l’art de l’amour, art hermétique, sublimé par l’observation respectueuse et pénétrante du vivant. Pénétrante, car il est une force qui pénètre tout ce qui vit et dans laquelle toute vie, toute matière trouve l’aliment qui lui est propre. La chimie, qui s’intéresse aux processus est exotérique, lors que l’alchimie, d’essence spirituelle, est ésotérique et hermétique.

Pratiquer l’alchimie, c’est mettre en œuvre ce merveilleux dessein qui consiste à extraire de toute matière, minérale, animale ou végétale, le principe de vie, l’étincelle divine au cœur de toute chose. Une fois la matière dissoute, elle est coagulée de façon subtile en une autre forme, qui lui donne un autre aspect et fait d’elle un organisme vivant participant à l’Œuvre divin. Car ce qui anime subtilement la matière, c’est l’étincelle d’esprit qu’elle recèle.

Du monde minéral au monde spirituel, l’apparente dureté des formes ou la subtilité de l’être n’est qu’une question de dosage ; dosage de l’étincelle divine, qui enlumine le minéral ou illumine l’esprit, sur une échelle progressive qui va du gris foncé au blanc étincelant. Cela les alchimistes le savent et mettent en œuvre le principe du solve coagula, pour dissoudre et recréer sans cesse ; pour  modifier, grâce à la loi des correspondances,  les dosages d’esprit et de matière, à l’intérieur du monde des formes par l’action du soufre, du mercure et du sel, c’est à dire de l’esprit, du corps et de l’âme du monde. Les alchimistes appliquent cette action aux formes subtiles, comme aux formes grossières, à l’esprit, comme à la pierre.

L’alchimie est ainsi un dialogue permanent du vivant avec le vivant. Elle dissout et recompose la matière après lui avoir fait subir une série de purifications. Elle effectue ce processus autant de fois que nécessaire jusqu’à obtention d’une substance qui reflète l’équilibre le plus parfait entre matière et esprit : la pierre philosophale. Ainsi, la connaissance alchimique est-elle la capacité à faire vibrer notre être en harmonie l’être qu’on désire contacter ou connaître, qu’il s’agisse d’un être minéral, végétal, animal ou encore humain. L’alchimiste insuffle l’esprit dans la matière, que ce soit le corps minéral grossier d’une pierre brute, ou le corps astral d’un être humain. C’est pourquoi en alchimie, l’oratoire, n’est jamais loin du laboratoire.

L’alchimiste est donc conduit au travers de sa pratique à porter un autre regard sur la nature afin de “Délivrer l’esprit par la matière et délivrer la matière par l’esprit”. Mais comment pratiquer l’alchimie demande le disciple ? C’est très simple lui répond le Maître : « Regarde la nature. Tu me dis que tu la connais déjà, que tu la regardes chaque matin par ta fenêtre, en te promenant dans la forêt, ou dans ton jardin… Non. C’est autre chose que je te demande. Lorsque tu ouvres ta fenêtre le matin, regarde les arbres sans cligner des yeux. Tu ne penseras à rien d’autre qu’à garder les yeux ouverts sans que tes paupières ne cherchent à faire concurrence aux ailes des papillons. Ainsi, tu évacueras les perturbations du mental.

Au bout de quelques temps, une minute complète parfois, une éternité ! Tu verras se dessiner autour des arbres comme un halo subtil. Puis peu à peu, quand les larmes commenceront à couler, tu ne te contenteras plus de voir ce halo, tu verras progressivement se dégager de chaque plante, de chaque brin d’herbe, comme une aura d’énergie subtile qui fera monter vers toi toute la force de la terre. Et cette aura se mêlant à la tienne, tu ne distingueras bientôt plus les formes pour n’en retenir que la vie. Cette force vibrante, colossale, qui élèvera bientôt les vibrations de ton corps jusqu’au point central de la Création, tu la garderas en toi, et lorsque dans ton laboratoire tu procèderas à l’opération, tu remercieras sans cesse le Créateur de te faire accéder avec autant de simplicité au principe vivant de toute chose.

C’est ainsi que toute opération, tu ne pourras conclure que par une prière ; une prière à l’âme du monde, prière au principe vibratoire de toute chose, à la Force sacrée de l’univers qui dynamise et ordonne toute Création en insufflant  son feu divin à travers la matière et les âmes. C’est pour cela que tu ne pourras distinguer en leur essence l’alchimie opérative, voie humide ou voie sèche, de l’alchimie spirituelle ou voie brève qui est le principe même de toute initiation ». Ainsi parle le Maître à son disciple, car avant de savoir, il s’agit de percevoir…

Dans le règne minéral, la pierre philosophale transmute le plomb en or, dans le règne végétal elle accélère la fabrication des élixirs et sur le plan humain elle devient être de feu, par lequel la nature spirituelle se renouvelle. De façon similaire à la franc-maçonnerie, l’alchimie aborde les phénomènes de l’intérieur vers l’extérieur, donc de l’essence vers l’apparence formelle. Ainsi, Art royal et franc-maçonnerie fusionnent-ils totalement en leur principe. Oswald Wirth auteur, entre autres d’un ouvrage consacré à l’Art Royal, définit la mission de la franc-maçonnerie comme rejoignant pleinement la cohérence alchimique au travers de l’alchimie spirituelle.

Initiation donc, et travail ; travail sur la Connaissance avec des outils symboliques, et travail sur soi qui est méditation, travail sur les éléments et l’alchimie intime du corps spirituel, qui est alchimie du feu céleste. Ora et labora, Prie et travaille, devise des premiers alchimistes mais également règle de vie des bénédictins, dont ceux-ci n’ont sans doute pas la paternité. Qu’on soit ou non dans la foi, qu’il s’agisse de prière d’initié ou de méditation, le travail sur soi est incontournable pour faire fructifier les germes de l’initiation, quelle qu’en soit l’école ou la tendance. Pour poursuivre nous souhaitons ajouter une petite touche inhabituelle, mais pas inédite pourtant, au concept d’Art Royal.

L’univers est fondé sur deux principes : un principe d’expansion, que je qualifierai de principe du Big Bang, ou expansion par dissolution du Tout. Ce qui permet de dire que chaque créature contient le Tout en puissance et qu’elle est, comme disent les écritures, à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le second principe est un principe de retour à l’Être originel par condensation, ce qui correspond pour les ésotéristes chrétiens au principe de la Réintégration, ou retour au plérôme initial. Réintégrer Dieu en son âme, par la voie directe ou la pratique de la théurgie, ou réintégrer les différents règnes du vivant dans le plérôme initial. Or, contrairement à la naissance du Regulus, qui est une création supplémentaire par l’union de deux essences et qui renvoit au nombre trois, donc, au principe d’expansion, le retour à l’être originel obéît au principe de condensation, qui lui renvoit au Un.

Le principe de condensation serait donc simplement une autre facette de l’Art Royal ? Et lorsque le principe de condensation s’applique aux âmes, on retrouve les noces chymiques qui ne symbolisent pas seulement l’union dans la naissance d’un troisième être, ou Regulus, mais la fusion de deux essences en une seule, c’est à dire la transformation ou transmutation du Deux en Un. Ainsi l’un des principes secrets de l’alchimie spirituelle serait l’application aux âmes du principe de condensation ou retour au plérôme initial, par un processus de fusion spirituelle, ou mariage cosmique des compléments spirituels divins ou jumeaux spirituels.

Nous citerons à simple titre d’exemple, le traité intitulé « Les mystères de l’Etre» du Dr Ely Star, publié en 1902 : « Deux chars, lumineux comme des soleils, viennent d’apparaître sous la coupole céleste; l’un, à l’Orient, celui de l’âme masculine, l’autre, celui de sa pure Fiancée, à l’Occident. Rapides comme l’éclair, ils s’avancent, se rapprochent et, en une durée inappréciable, se sont confondus en une immense Auréole lumineuse, au milieu d’une explosion formidable d’accords séraphiques et de voix mélodieuses, rendant grâces à l’Eternel de l’Etre nouveau qui vient de se reconstituer en son intégralité spirituelle, l’Etre radieux, le nouvel ANGE ravi dans sa divine extase ! ». Il ajoute : « Quand vous unissez ensemble la flamme deux gaz différents, la nouvelle lumière obtenue par cette combinaison est plus que doublée : il en est de même pour les facultés de l’Esprit réintégré ». Ainsi les applications de l’Art Royal sont-elles aussi insaisissables qu’infinies. Car il est l’Art de la mise en en Œuvre de la volonté divine dans les différentes strates de la Manifestation, par les alchimistes, pour la réalisation du Grand Œuvre.

Source: http://spiritualites.fr/alchimie/lart-royal/

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  1. Rétrolien: L’Art Royal | Henosophia TOPOSOPHIA μαθεσις uni√ersalis τοποσοφια MATHESIS οντοποσοφια ενοσοφια

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